Les Demoiselles de Bruxelles
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Qui a besoin d’ « Harry Quebert » quand il y a Les Apparences de Gillian Flynn?

Par Valerie le 13 Oct 2012 dans Culture

J’ai donc lu « La vérité sur l’affaire Harry Quebert » et j’en attendais beaucoup (attention, avec des spoilers dedans).

Faut dire que j’avais commencé par lire Les Apparences de Gillian Flynn, ce qui n’était pas malin étant donné que, du coup, mes attentes étaient très hautes, vu qu’il s’agit tout simplement du meilleur livre thriller de la rentrée en ce qui me concerne. La structure est impeccable, le style est détourné pour des besoins narratifs et fourmille de bons mots (y compris en français), l’analyse psychologique fine, juste et (malheureusement) réaliste. On se reconnaît dans chacun des protagonistes et c’en est effrayant et le dénouement est inattendu mais soulève en plus beaucoup de questions, interpellantes dans notre propre vie relationnelle. Du tout grand livre pour un bouquin qui aurait pu être cantonné dans les policiers/suspense. Chapeau bas.

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Alors, forcément, Harry Quebert, que l’on m’a vendu comme « meilleur – et de loin- comparé à Flynn », avait droit à toute mon attention. Malheur. On s’amuse les premières pages, on se visualise dans un Fargo-rencontre-Lynch et on est plein d’espoir pendant le premier quart du livre. Et puis on traîne la patte pendant la moitié du bouquin. C’est long, c’est pénible, ils sont tous cruches quand il s’agit de trouver ce qui a bien pu arriver à la fameuse Nola et on se rend compte que tous les personnages sont un amassis de clichés dignes des films d’après-midi (« Vengeance mortelle! » « Amis trompeurs! » « Passion meurtrière! »). Même le héros est un Mary Sue qui s’ignore. Au début, c’est drôle, on se dit que c’est l’effet recherché, que c’est trop ironique comme roman, ohlala qu’est-ce qu’on est malin de l’avoir compris, nous qui sommes tellement second degré.

Puis, au début de la dernière partie, on est pris de doute. L’auteur se moque-t-il vraiment de ces films caricaturaux aux retournements de situations rocambolesques? Je crois que c’est au cinquième suspect que j’ai abandonné tout espoir. Too much. Trop stupide. Trop invraisemblable. Trop à me prendre pour une idiote. J’en étais à souhaiter qu’il l’ait tuée, le Harry Quebert. Au moins ça, il y aurait un personnage intelligent dans le lot. Là, ils sont tous bêtes à manger du foin et à tomber dans la quatrième dimension sans se poser de questions. Il ne manquait plus que des vampires, des loup-garous, des baguettes magiques et un fouet SM pour rassembler les clichés narratifs navrants.

Le pire, c’est qu’à force de retournements de situation, on avait vu la fin venir à des kilomètres. Le livre, la mère, l’ange gardien altruiste (mais bien sûr…), l’accident trop-pas-de-chance alors que tout le monde allait être heureux, la rédemption du héros…. Allez, on vous emballe le tout avec du Pattinson en personnage principal et ça va pleurer dans les chaumières.

Mes thrillers, je les préfère servis intelligemment et pas prévisibles au point d’en être bateau, merci beaucoup.

V.

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