Les Demoiselles de Bruxelles
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J’ai grandi avec Rory Gilmore

Par Celine le 02 Déc 2016 dans Series

Je me souviens exactement du moment où j’ai vu mon premier épisode de Gilmore Girls. Et vous ?

C’était pendant les vacances de Noël. J’étais chez ma grand-mère et chose très rare, j’avais le droit d’aller regarder la télé dans sa chambre. Elle détestait l’idée qu’on puisse rester scotché devant un écran, ce qui a rendu le moment encore plus spécial. Allongée sur le lit, mon attention s’est arrêtée sur une fille, Rory Gilmore, et sa mère. Etrangement, c’était le premier épisode de la première saison, comme si c’était prédestiné. Pourquoi je n’ai pas continué à zapper ? Car cette fille, c’était moi. J’avais 14 ans.

Gilmore Gif 2

Forcément, je voulais être quelqu’un d’autre à cet âge-là. Je voulais être populaire, avoir les cheveux très longs et un petit copain. Mais la réalité était que j’étais une Rory: une petite fille à sa maman, qui avait besoin de caféine pour terminer ses devoirs car elle voulait être première de classe, une fille qui n’assumait pas sa féminité naissante et qui était d’une timidité maladive avec les garçons. La série Gilmore Girls m’a aidé à assumer la relation fusionnelle que j’avais avec ma mère et à assumer qui j’étais. Qui je suis.

De 2000 à 2007 j’ai vu et revu les épisodes de cette série sans jamais me lasser et j’ai grandi avec Rory. J’ai été amoureuse de Dean, puis séduite et détruite par Jess. Ensuite, j’ai réussi toutes mes études les mains levées, ou presque, car j’ai rencontré Logan et me suis laissée aller à des extravagances et conneries diverses. J’ai eu des coups durs, j’ai ri à en pleurer et j’ai bu du café à en faire des insomnies. Et j’ai mangé de la pizza froide… Au petit-déjeuner.

Je ne suis pas bizarre. Je ne suis pas une de ces filles qui vit au travers des films qu’elle voit. Mon Dean s’appelait Maxime, mon Jess s’appelait Sam et mon Logan… Pfff je n’en parlerai même pas. Et c’est ça qu’on aime tant dans cette série. C’est de suivre une adolescente dans un quotidien qui aurait pu être le nôtre. En plus édulcoré. Of course.

Et même si Stars Hollow ressemble plus à Maasmechelen Village qu’à Watermael-Boitsfort, on a envie de se dire qu’on ira manger chez Luke’s un jour. Mais quelque part, un certain réalisme persiste dans cette série: il n’y a pas de Manolo Blahnik, pas de limousine, pas de parties de shopping scandaleuses chez Bendel’s, pas d’après-midi sur la plage, de Noël à Aspen ou de blondasses parfaitement proportionnées. Ouf.

Alors, revoir les 7 saisons de Gilmore Girls sur Netflix de façon très raisonnable (c’est-à-dire une saison par jour) à mon âge, fut un énorme bon en arrière et même si maintenant j’ai l’âge de Lorelai à l’époque, je m’identifie toujours à Rory. Ce qui a rendu l’arrivée de Gilmore Girls: A year in the Life encore plus excitante.

Ce que je pense de ces nouvelles six heures de Gilmore ? Que du bon. Et après avoir abandonné l’idée de mettre le doigt sur ce qui avait changé dans le visage de Lauren Graham (botox, fillings ou les deux), enfin me demander : va-t’il y avoir un spin-off sur la vie de Rory après l’annonce qu’elle fait à sa mère à la fin de l’episode « Fall » ? Ou vont-ils laisser la suite à l’imaginaire des fans pour que la série s’arrête à son apogée ?

Je ne vais spoiler personne car il n’y a rien de plus désagréable, que certaines personnes se gardent les nouveaux épisodes pour les vacances de fin d’année… Et que je ne veux pas faire comme le site du Elle ou du Cosmopolitan qui balancent la fameuse dernière phrase comme si c’était le nom du nouveau coiffeur de Justin Bieber. Tout ce que je peux vous conseiller est de voir par vous-même. C’est le programme idéal à regarder en cuisinant le dîner de Noël, promis juré !

Mais une chose est sûre, la raison pour laquelle j’ai idolâtré cette série, et pour laquelle je continuerait à l’aimer passionnément, c’est parce qu’en la regardant, on se sent bien, qu’on soit une Rory ou une Lorelai… Ou bien Paul Anka…

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