Les Demoiselles de Bruxelles
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Hier, j'ai dit "adieu" à mon psy

Par Guest le 02 Oct 2014 dans Bien Etre, Humeurs

Et aujourd »hui, je fais péter les stéréotypes. Un article sur la psychothérapie, écrit par un homme? Diantre! 

au revoir psy

Il fallait bien que ça arrive un jour, mais quand même, ça fait drôle. Hier, j »ai dit « adieu » à mon psy. Bon, ce n »était pas le mot employé, la conversation a plutôt commencé comme ça:

Lui: Alors, comment ça va, aujourd »hui? 

Moi: Bien, très bien, même. En fait, je suis venu te dire que je m »en vais. (on se tutoie depuis que j »ai participé à un atelier de groupe qu »il animait et où la règle était que tous les participants et les thérapeutes se tutoyaient).

Je n »ai pas ajouté « et tes sanglots n »y pourront rien changer ». Parce qu »il n »aurait sans doute pas envie de pleurer. Et moi, non plus, d »ailleurs. En fait, j »étais plutôt bien, comme très souvent ces derniers temps. Du coup, sa réponse ne m »a pas trop étonné.

Lui: C »est marrant, j »y ai pensé la dernière fois que tu es venu.

Et là, j »ai eu un grand sourire. Parce que je savais que c »était le bon moment. Que le bout de chemin parcouru ensemble s »arrêtait ici, mais qu »il n »y avait pas de raison d »être triste, au contraire. Alors j »ai passé ma dernière séance à refaire la liste de tout ce qui avait changé en plus de sept ans.

Sept ans?

Ben oui, sept ans. C »est en même temps très long et très court. Très long, sans doute, si on s »attarde simplement aux dates. Et très court parce que, tout bien pesé, les progrès que j »ai réalisés sur ce laps de temps sont gigantesques. Alors oui, certain(e)s me diront que, quand même, passer autant de temps en thérapie, c »est qu »il y a un problème. Et je leur répondrai: « ben oui. Il y en avait même plus qu »un, si vous voulez savoir. Mais vous savez le plus important: aujourd »hui, il n »y en a plus. » Mais ce ne serait pas online casino nederland exact. On se trimballe tous notre vécu, et on le trimballe avec nous toute notre vie.

Pour reprendre une métaphore de mon psy, justement, dans notre tête, on est un peu comme le chauffeur d »un bus plein de passagers pas toujours agréables. Ces passagers, ce sont nos petits problème perso. De temps en temps, il y en a un qui se lève et qui vient nous faire une remarque désagréable, le genre qui nous désarçonne et qui nous fait presque manquer un virage. D »ailleurs, au moment où on démarre une thérapie, c »est en général à cause d »une sortie de route causée par un de ces passagers. Ou par une émeute à l »intérieur du car. Mais voilà, comme le vrai chauffeur dans la vraie vie, on ne peut pas débarquer les passagers turbulents parce qu »ils nous déplaisent. Par contre, on peut apprendre à les gérer. À les regarder avec bienveillance, à les écouter, et à leur demander gentiment de retourner s »asseoir. À insister gentiment jusqu »à ce qu »ils le fassent. Et à continuer notre route. C »est à ça que sert un psy: il (ou elle) vous apprend à gérer vos « passagers difficiles ». Et il vous fait gentiment comprendre que vos petits problèmes resteront avec vous toute votre vie. Qu »ils se calmeront avec le temps, mais qu »ils reviendront parfois vous casser les pieds, en général dans les moments où vous serez un peu plus fragile. Mais il vous donne aussi les outils pour rester serein, et pour accepter avec bienveillance que vous n »êtes pas et ne serez jamais parfait. Même si votre maman et votre papa semblaient l »exiger de vous à certains moments, et vous reprocher de ne pas l »être.

(S »)accepter

Mon Dieu,
Donne-moi la sérénité d »accepter les choses que je ne peux changer,
Le courage de changer les chose que je peux,
Et la sagesse de connaître la différence.

J »aime bien cette prière rendue célèbre par les réunions des Alcooliques Anonymes. Pour moi, elle résume tout à fait le travail que fait un bon psy avec son patient:

  • lui donner les outils qui l »aideront à changer
  • l »aider à trouver en lui le courage de les utiliser
  • l »accompagner pour qu »il apprenne petit à petit à bien s »en servir
  • lui permettre de comprendre que certaines choses ne changeront pas
  • l »aider à accepter ces choses-là avec bienveillance et à comprendre qu »elles n »auront jamais que l »importance qu »on leur donne
  • et, par-dessus tout, l »équiper pour qu »il puisse continuer sa vie: distinguer ce qu »il est en son pouvoir de transformer et ce qui ne l »est pas, et lui donner les outils pour l »accepter avec sérénité

C »est un processus qui peut parfois prendre du temps. Et parfois moins. Et mon nouveau « moi » vous dira, avec cette sagesse qu »il a patiemment acquise: « ça prend le temps que ça doit. Pas une minute de plus, pas une minute de moins. » Et croira profondément ce qu »il vient d »écrire. Et conclura en son for intérieur, avec un petit sourire au coin de la bouche et une petite larme au coin de l »oeil qu »il est sans doute temps de conclure ici cette chronique.

 

F.W. 

 

 

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