Les Demoiselles de Bruxelles
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Régimes et autres bêtises..

Par Celine le 05 Juil 2017 dans Humeurs, Opinion, Santé

Mon poids… Voilà une obsession qui me suit depuis mes 12 ans. Je viens de fêter mes 31 ans et j’en suis arrivée à la triste conclusion que cela fait presque 20 ans que j’enchaîne les régimes et les crises de boulimie. Résultat des courses, je grossis, je me sens mal, je mange, je grossis, je pleure, je fais un régime, je craque, je mange, je grossis, je me sens mal, je mange, je grossis, je pleure… Et ainsi de suite.

Mais 12 ans, c’est pas un peu trop jeune ? Oui, je suis d’accord, surtout que je n’étais pas grosse du tout, un petit 53 kg pour 1m65… Mais j’étais tellement complexée : pas assez bronzée, pas assez tonique, pas assez svelte, une coiffure franchement pas top, pas de mascara à l’horizon… Et je considérais que j’avais « des grosses cuisses ». Face palm royal quand je revois des photos de l’époque.

Et me voilà au point où je pèse un bon 20 kilos de plus que quand j’ai commencé. Au point où mon estime de soi est au plus bas de ma vie.

Si j’en parle, c’est parce que je suis physiquement et émotionnellement fatiguée et que concrètement, je ne suis pas la seule femme dans cette situation.

Et pourquoi s’afflige t’on cela ? Déjà parce que le vie est devenue un défilé de mode perpétuel et qu’il faut absolument rentrer dans un jean slim blanc taille 36 dès qu’il y a un rayon de soleil (oh non, suis-je bête, taille 32), ensuite parce que il y a le fameux passage du bikini chaque été ( qui passe clairement mieux avec 7 shots de vodka pure ) et enfin parce que les rondeurs ne sont sexy dans les magazines QUE pour l’édition « spéciale rondes »…

J’en suis arrivée au fait où, après avoir testé tous les régimes du monde et avoir envie de tout balancer à la poubelle, vingt fois, je parviens, quand même, à m’acheter de la poudre hyper protéinée pour tenter le dernier régime de ma vie. Celui qui me fera perdre ces satanés kilos et qui m’empêchera de manger normalement pour le reste de ma vie. Oui, parce que après ça sera balance tous les jours et recalibrage en conséquence.

Mais pourquoi faire ?? Pour faire plaisir aux gens dans la rue ? A mon mari ? Aux magnats de l’industrie de la mode à petits prix ? A mes amies minces et sveltes ? A mes collègues ? A Karl Lagerfeld ? A mon chat ? A moi ? Je ne sais plus vraiment pour qui ou pourquoi, mais une chose est sûre, j’en ai marre de pleurer tous les jours, marre de me plaindre, marre de me détester.

« Alors apprends à t’aimer »… Voilà quelque chose que j’ai entendu aussi souvent que la dernière chanson de Katy Perry à la radio… Ca à l’air tellement simple de se dire qu’il suffit simplement de se convaincre qu’on aime ses bourrelets et le fait qu’on fasse une taille 42 ou plus… Peut-être que c’est plus facile quand on a juste pris 5 kilos qu’on reperdra très vite une fois la saison des barbecues passée. Ou peut-être que c’est plus facile quand on est plus forte mentalement ?

« Tu sais, tu dois juste diminuer les quantités, manger sain et faire du sport »… Merci Cap’tain Obvious, malheureusement, personne ne m’a dit que ces régimes flingueraient mon métabolisme… Alors comment tu fais quand tu n’as plus de sensation de faim, que tu ne sais plus quand t’arrêter de manger, quand tu prends 3 kilos dès que tu fais un peu la fête un weekend et que tes crises de larmes s’accompagnent d’un engloutissement compulsif de pâtes…

« Prends des coupe-faim »… Oui oui, autant passer ma thyroïde au blender tant qu’on y est…

« Alors ne fais juste plus jamais de régime »… Facile à dire, comme si c’était la solution miracle… Ne plus penser à ce que tu manges pour écouter ton corps (qui te fait un gros doigt d’honneur par la même occasion). Dans mon cas, les amis, ça ne fonctionne pas.

« Alors va chez un psy »… Pour dire quoi ? Que je me sens mal dans ma peau, que j’aime pas mon corps, et payer 50 € par semaine pour trouver LA réponse à ma question existentielle… Mouais, j’y crois pas trop. Surtout que les personnes de ton entourage qui te proposent cette solution vont eux aussi te proposer de la psychologie de bazar sortie tout droit du Cosmopolitan du mois de Mars 1997 : « Ça doit être ta relation avec ta mère/ton père/ton chien/ta grand-mère/ton boulanger /le fils de la copine du frère de Machin/la caissière du Carrefour …. Tu manges pour combler un vide affectif. C’est certain. »
C’est sûr que je ne mange pas pour combler ton manque d’intelligence …

Alors oui, les gens veulent aider, et c’est très gentil, mais je crois que 20 ans de régime m’ont rendue plus cynique. Enfin un mal pour un bien.

Alors, existe-t’il une bonne réponse à ce problème qu’on s’est créé de toute pièce depuis des décennies ? Les régimes sont mauvais, oui merci, mais on m’a prévenu trop tard. Ou si on m’a prévenu, j’ai pas écouté, oups…

Si vous avez des réponses ou des réflexions, n’hésitez pas à commenter l’article.

En attendant, je vais faire un régime pour me sentir mieux un petit temps. Et recommencer à zéro le jour où ma fille de 12 ans viendra à son tour me voir en me demandant si elle a de grosses cuisses… Car forcément, la réponse est non.

Alors si on arrêtait toutes de se mettre la pression ?