Les Demoiselles de Bruxelles
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Robin Williams: clown triste et grand coeur

Par Valerie le 12 Août 2014 dans Culture

robin williams

J’ai toujours eu beaucoup de respect pour les clowns tristes. Ces êtres humains qui ont l’élégance de vouloir nous faire rire avec les questions qui les taraudent, et le courage de cacher leurs failles ; solitaires au grand cœur, gardant leurs malheurs pour eux.

Capables de nous faire oublier la morosité quotidienne sans pour autant s’épargner eux-mêmes, on retient d’eux les émotions qu’ils créent en nous, mais pas celles qu’ils ressentent. En plus de leurs questions, ils vivent avec cette double image, ce gouffre qui se crée entre qui ils sont et ce qu’ils donnent l’impression d’être. « Allez, fais-nous rire ! » Un poids en plus à porter.

Robin Williams était de ceux-là et avec lui, c’est une partie de notre culture qui s’en va. Il s’est même invité dans mon quotidien familial, puisque grâce à lui, je salue ma fille tous les matins depuis plusieurs années d’un énergique « Bonjour la Môme ! » digne des Armed Forces Radio Service.

Grâce à lui, Walt Whitman trône dans ma bibliothèque et j’ai pu poursuivre des études littéraires, légitimisées à mes yeux grâce à au « Capitaine ».

Grâce à lui, Disney est re-rentré dans mon cœur parce que cela cessait d’être mièvre.

Grâce à lui, j’ai voulu devenir journaliste, parce qu’il avait donné une interview à Diastème dans le tout premier numéro du Première français, où il trônait en couverture ; un article légendaire, où le sujet, le style, le ton, tout était parfait. Je l’ai relu des centaines de fois en me disant « Un jour, je saurai faire ça ».

Alors oui, on est tristes. On a envie de retenir Mrs Doubtfire et Don’t Worry Be Happy. C’est drôle, c’est léger. Mais ce que je n’oublierai pas, c’est sa part d’ombre. Celle de Seymour Parrish, de Walter Finch et même de Merritt Rook, lui qui a su rendre un tueur touchant dans NY Unité Spéciale, série pourtant peu connue pour sa subtilité.

Parce que ne retenir que les rires, c’est facile. Et ce n’est pas Robin Williams dans son entièreté. Parce que couper les êtres humains en morceaux pour garder uniquement ce qui nous arrange, cela s’appelle du déni et de la complaisance. Et que c’est sa lutte perpétuelle contre ses démons intérieurs et sa volonté de vouloir nous les épargner par l’humour qui est à la source de l’admiration que je lui porte.

Pour reprendre le tweet d’Evan Rachel Wood : « Genie. You’re free »

genie

Merci l’artiste.

Un commentaire

  • Sun Jae

    Bel hommage et je suis surtout heureuse de constater que je ne suis pas la seule à retenir des rôles dans lesquels il était si loin de sa Mrs Doutbfire. One Hour Photo et Insomnia sont des thrillers incroyables de tension et rondement menés, mais c’est vraiment Robin Williams qui brille dans ces films par son jeu d’acteur. Et oui, son apparition dans NY SUV m’a toujours étonnée, son personnage était à la fois si fragile et décalé. C’est une perte immense pour le cinéma. J’aurai tant voulu le voir dans un western…

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