Les Demoiselles de Bruxelles
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Rodriguez cet imposteur qu'on adore détester

Par Guest le 13 Oct 2014 dans Culture, Humeurs

Qui dit été dit chaleur, ce qui n’est pas le cas en Belgique. Mais quand on pense chaleur, on pense cagnard, et surtout ambiance désertique, le cactus dressé vers le ciel nous rappelle que l’homme a conquis le grand ouest. Mais moi chaleur me fait penser à sueur, mauvaise barbe qui pique, vieux moustachu, décolleté perlé de sueur et cheveux gras. Ma vision de l’été est mexicaine. Celle d’un vieux Tuco se promenant sur son âne à la recherche d’un larcin à commettre.

RODRIGUEZ cet imposteur qu

Le Mexique ahh, quel beau pays, ses Mayas prédicateurs, ses pyramides folles, ses moustaches, et je ne sais pas pourquoi mais quand je pense Mexique, je me remémore l’exil de Christine Bravo gloire éphémère du PAF plus porté sur la bouteille que dans la répartie.

Mais ce Mexique de carte postale (je pense à Cancun la frivole), cache à une autre partie bien plus crasseuse, plus badass. On pense taudis, misère, immigrés à la frontière.

Tiens en parlant d’immigré qui n’aurait jamais du sauter au dessus du grand mur, je vous sors comme joker notre bon vieux Robert Rodriguez. Fameux mexicain fourbe qui nous pourri le cinéma depuis près de vingt ans. En cinéma mexicain, je pensais plus à du glamour comme Salma Hayek, actrice plus généreuse dans son décolleté que dans ses prestations cinématographique je vous l’accorde mais ambassadrice de charme tout de même d’un pays parfois fort granuleux.

Venons-en au cas Rodriguez ( d’ailleurs quand je pense Rodriguez j’ai plus le souvenir des frères Rodriguez issu d’un sketch glorieux d’un passé révolu où Dubosc et Semoun nous faisaient rire ). Ce cher Rodrigo, Bobby pour les intimes, nous vend du rêve depuis des années. Issu du mouvement indie US du début des années nonantes, Bobby ( car c’est quand même le plus américain des mexicains: Danny j’ai-déminé-un-champ-de-mines-étant-jeune) Trejo doit l’avoir mauvaise ) nous égraine futilement la vie de ses prouesses (sic) de metteur en scène indépendant au service du grand dollar américain.

Tout à commencé en 92, avec El Mariachi, néo western sur-estimé dont je vous conseille activement la vision qui vous fera prendre un belle claque sur le temps qui passe, dont le seul argument est qu’il a été fait avec 7000$. Il nous revient 3 ans plus tard avec un remake caché de sa première oeuvre avec LE film qui va assoir sa réputation de badass hollywoodien : Desperado. Certes j’ai aimé ce film étant jeune, naïf que j’étais. Je me suis fait avoir par ses faux cadrages western, par son ambiance suave et semi cynique. Mais avec le temps on se rend compte que ce film n’est qu’un ressucé de cliché foireux et de gimmick faussement badass. Banderas est en fait un pitoyable acteur peu charismatique, il n’y a qu’à voir comment il tient sa valisette de guitare pour comprendre que ce n’est qu’un poser pathétique. Avec son image de jeunot faussement cool, Bobby arrive à surprendre Hollywood.

Tout en me recoiffant la mèche, j’avance dans le temps. Et je tombe sur une Nuit en Enfer. Là vous allez me dire, oh non sacrilège, on ne touche pas à From Dusk till Dawn !! rassurez vous ! Ce film ne tient qu’à son compère, pauvre compère qu’est Tarantino. Obligé de s’acoquiner avec l’indépendant mexicain de service. Peut être que le pitch est sympa mais dieu que Rodriguez pompe toute la moelle de notre cher Quentin. Quentin qui ne sait pas trop ce qui fout là, d’ailleurs tout se qu’on retient du film, à savoir la première partie n’est autre que la formidable empreinte de notre casino ami Tarantino. Tout y est piqué à son univers, à croire même que c’est lui qui a réalisé le film. La 2eme partie du film s’enferme dans un huis clos foireux. Même si le film a des qualités, des scènes ultra efficaces, on sent un goût amer à la fin. Comme si on avait pris un plaisir coupable, en plein milieu d’un régime, de se goinfrer de chocolat. La faute ou plutôt le tour de force de son ami. Donc oui, Rodriguez nous fait croire qu’il fait du cinéma mais dès qu’il est derrière la caméra, on s’emmerde. Rapide, facile et économique ce film devient vite culte, pour moi aussi je vous rassure. Mais on sent qu’il y a un potentiel gâché. Faussement série B, le film parvient tout de même à nous faire envie.

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L’envie d’avoir envie… C’est au début de l’été 98, j’avais 15 ans. Age naif dit-on… déjà fan de série B et de cinéma. Je vais à la fête du cinéma en France dans ma petite ville de Mulhouse. Et là profitant d’une séance à 1,5euros (sic) je découvre The Faculty. Et là première réaction : Wouaw. Si si si, j’ai honte maintenant, mais j’ai kiffé cette première vision de ce néo-smasher-fantastico-teen ( un gros sous genre en soi ). Elijah Wood, Kevin Williamson au scénario ( scream et alors maître du slasher néo moderne à l’époque ), ses pseudos Aliens… Bref tellement emballé que j’y retourne une 2e fois, fête du cinéma oblige. Et là je me sens floué. Voire violé. Je comprends tout maintenant. La 2eme vision me renvoie tous les défauts du film, une intrigue foireuse, une mise en scène pauvre, un esthétisme vraiment naïf. En fait la naïveté du cinéma de Rodriguez prend tout son sens dans ce film. Bien premier degré. En fait tout ce qui m’a fait aimé le film à la première vision, n’était que du ressucé. A savoir LA grande scène pour chercher la taupe alien parmi les étudiants, qui est outrageusement pompée de The Thing du grand maitre Carpenter. Je me sens sale, très sale, voire honteux et plus jamais je n’ai voulu associer mes yeux aux oeuvres de Bobby, que je pensais estimer.

Puis est sorti la période DIY, les spy kids et ses nombreuses séquelles, aux dires du peuple, c’est pour amuser ses gosses… Tim Burton fait ça mieux ( Big Fish). On tombe dans le grand n’importe quoi, du fond bleu dans un garage !!! est-ce du cinéma ? L’imposture se révèle au grand jour. Le public boude de plus en plus ses films. Mais c’est en 2005, que renait le phoenix mexicain. Sin City, adapté avec le surestimé auteur de roman graphique (lol) Frank Miller. La forme prédominante l’emporte sur le fond. Oui, c’est joli, c’est badass, Mickey Rourke nous revient en bonne forme. Le mélange bédé-cinéma est à son paroxysme. Mais au final, il m’en reste un gout amer. Peu de réflexion, au final un récit mal découpé et des intrigues beaucoup trop clichesque. D’ailleurs Miller a volé de ses propres ailes et le résultat bien que beau fut assez catastrophique ( faute à un scénario écrit sur un morceau de PQ ), montrant que même un dessinateur talentueux doit avoir un bon scénariste ( je pense à Jodo et Moebius prouvant qu’en diminuant son ego on arrive à s’associer et à produire des choses magnifiques ).

sin city

Bref l’imposteur a encore frappé, on s’est encore dit, tient un bon film. Il nous refait le coup cette année avec la suite de Sin City ( SC 2: a Dame to Kill ) raison de ma chronique, qui malgré de hautes ambitions se casse la gueule au Box Office US et subit de nombreuses critiques.
Robert Rodriguez prouve que malgré aucun talent et de la poudre aux yeux on peut se créer un mythe, la preuve en est son bouquin à succès Rebel Without a Crew: Or How a 23-Year-Old Filmmaker With $7,000 Became a Hollywood Player. Un manifeste de filmmaking indépendant qui fait toujours école.

A cela j’ajoute ma déception de FanBoy, toujours en recherche de sensations badassiennes. Je passe l’aventure Tarantino-Rodriguez Grindhouse, qui ne vaut que pour le film de Tarantino ( death Proof ), planet terror n’étant qu’un pauvre film dont l’essence comique ne se réduit qu’à une seule idée géniale : une femme ( la badass Rose MacDowan ) ayant une M16 à la place d’une jambe.
Est-ce qu’UNE idée géniale peut sauver un film ?

JBF

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