Les Demoiselles de Bruxelles
Les Demoiselles de Bruxelles

Ma trousse de secours

Par Valerie le 25 Nov 2016 dans Humeurs

On l’a tous compris en mars de l’année dernière, la vie à Bruxelles n’est pas que lifestyle et paillettes. Et la menace terroriste est une réalité avec laquelle nous devons vivre au quotidien. Alors, quels sont nos choix? Se mettre la tête dans le sable et faire semblant qu’on ne risque plus rien? Paniquer en permanence et ne plus oser prendre le métro?

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Dans son livre « Présence », Amy Cuddy explique qu’en situations de stress intense, une façon efficace de reprendre le contrôle de notre ressenti est d’exercer un minimum de contrôle sur des domaines de notre vie qui sont en notre pouvoir. Ce qui nous a amené à analyser la situation -le plus froidement possible- pour tenter de récupérer un peu de sécurité dans cet univers dangereux et instable.

Alors, pourquoi une trousse de secours? Parce que si l’on se trouve en plein attentat, ce n’est pas de chance mais on a de grands risques d’y passer instantanément. Plus rien à faire… La situation catastrophe, c’est d’être grièvement blessée et en train de se vider de notre sang en attendant les secours, qui mettront longtemps avant d’arriver vu qu’ils doivent d’abord être certains que les lieux sont sécurisés. Ou pire, voir nos enfants subir ce sort devant nos yeux impuissants. Alors plutôt que d’y penser en permanence, on le fait une fois pour toutes, on rassemble les indispensables trouvés dans le commerce et on garde ça dans notre sac après avoir visionné plusieurs fois les modes d’emploi sur Youtube, en espérant ne jamais en avoir besoin. (Pour être exactes, on en a un dans le sac, un dans la voiture aussi).

Du coup, les trousses de secours classiques sont bien mignonnes, mais ce n’est pas un paquet de sparadraps qui va nous aider. Après plusieurs heures de recherche sur internet, voici ce qu’on a trouvé (et toutes suggestion supplémentaires sont les bienvenues):

– Des garrots, pour couper la circulation du sang dans les membres inférieurs et supérieurs s’ils posent un risque d’hémorragie massive. Faites attention de ne pas le faire si c’est inutile; pas question de perdre un membre pour rien.

– Des gants en latex, pour éviter de contaminer ou se contaminer

– Une paire de ciseaux de secours incurvés, pour découper les vêtements et arriver aux blessures

– Une couverture d’urgence en alu en cas d’état de choc ou hypothermie

– Du duct tape, qui sert à peu près à tout

– De la gaze homéostatique pour arrêter les hémorragies

– Un pansement israélien

– Deux « chest seals » pour les hémorragies du thorax (deux car une pour l’arrière, un pour l’avant)

– Une lampe de poche

On peut aussi se préparer à une ville en état de siège pendant quelques heures ou quelques jours. Dans l’immédiat:

– Une paire de chaussures plates de poche (quand les transports en commun ou routes sont bloquées)

– Un chargeur de téléphone rechargé à bloc

– Un point de rendez-vous déterminé à l’avance si nos proches sont injoignables

– A la maison: les indispensables pour ne pas devoir sortir pendant quelques jours (eau en bouteille, quelques conserves, PQ, …)

Alors oui, on vous prévient, on n’est pas spécialistes en trauma et il y a des grandes chances qu’en situation de crise, on reste les bras ballants à paniquer. Ceci n’est pas un article sur comment vous sauver la vie. C’est pour vous expliquer comment nous avons géré l’angoisse et repris un minimum le contrôle. Dans notre cas, une trousse qu’on garde bien fermée et à laquelle on ne doit plus penser nous y a aidé. Et vous?